Le Poste Optique de Saint Léger

Le Poste Optique de Saint Léger est un ouvrage militaire fortifié qui se situe sur la crête menant à la Pointe de Rognier, à l’altitude de 1671 m.
Il a été construit entre 1884 et 1890.

Après la disparition de la télégraphie Chappe dans la seconde moitié du XIXè siècle, les forces armées ont recours à de nouvelles techniques de transmission de dépêches, plus sécurisées car aériennes.
Le « Poste Libre de Rognier » permet de faire communiquer, par télégraphie optique (Cf. le principe de télégraphie optique), les forts Montgilbert et du Télégraphe.

4 à 6 sapeurs-télégraphistes occupent le poste l’été, dont un muletier chargé du ravitaillement, par une piste sur Saint Pierre de Belleville, aménagée soit par la Commune, soit par l’administration des Forêts.

En 1963, le Service des « Domaines des immeubles militaires » cède le Poste Optique à la Commune de Saint Léger, à laquelle la parcelle avait été achetée.
Il possède alors encore sa couverture.
En 1982, Guy De Saint-Denis, à la recherche de vestiges des postes de télégraphie Chappe, trouve une tour ruinée, dont il effectue un relevé de plan.

En 2012, François Charpin visite le site de Rognier et décrit très précisément de qu’il reste de la fortification.
La Commune de Saint Léger, après s’être rendue sur les lieux, prend contact avec la FACIM qui parvient à recueillir un extrait des cahiers de la FNARH, l’article « La Télégraphie optique militaire dans les Alpes du Nord », rédigé par Guy de Saint-Denis et François Charpin (1).

L’article précieux contient la coupe de plan de l’édifice bâti, annoté, métré !
Les informations obtenues identifient le site comme Unique en France.
Il fait partie des ouvrages du système défensif du général Serré de Rivière. Il s’agit d’une authentique « Tour Martello ».
En effet, sa conception a été inspirée de tours construites à Martella, ville corse, sur ses côtes, qui auraient repoussé les assaillants de l’Amiral Nelson.
Compte tenu de la localisation géographique du poste, les tours crénelées ont été remplacées par une couverture pentue et l’intérieur, aménagé différemment pour répondre aux conditions climatiques.

Nous voilà en présence d’un monument Original, qui retient l’attention de personnes concernées par la sauvegarde et la transmission du Patrimoine.
Les premiers devis estimatifs ne permettent pas à la Commune de Saint Léger d’envisager la restauration du site, et appel est fait à sa population pour constituer une association.

• (1) Guy de Saint Denis, François Charpin. 
La télégraphie optique militaire dans les Alpes du Nord.
in « Les cahiers de la FNARH n° 126; 19è colloque, 
Le transport de l’information au XIX ème siècle, Cap d’Agde 19 et 20 septembre 2013 . » 
http://www.fnarh.com/actualites/cahiers/Sommaire-Cahiers-126_actes-colloque-CapAgde.pdf